La retrospective du photographe japonais Nobuyoshi Araki vient de commencer
au musée de la photographie de Charleroi, et dure jusqu’au 24 janvier 2007, mais déja la
polémique s'enflamme.
Dans la nuit du dimanche à lundi, des inconnus ont lancée des cocktail Molotov sur la
photographie géante accrochée à la façade du musée , sans faire trop de dégâts.
(c) Courstesy Nobuyoshi Araki, from the serie Tokyo Comedy, 1997.
Photographie accrochée sur la façade du musée de la photographie de Charleroi.
La photographie incriminée reproduite sur une bache à l’extèrieur represente une femme nue,
le sexe masqué par des plumes, gantée et portant des bas noir.
Xavier Cannone le directeur de l’institution a préféré faire ce choix pour illustrer l’exposition
“A la vie à la mort, (Self, Life and Death ) “ d’Araki et annoncer la couleur d’emblée plutot
que opter pour une photographie de la série des fleurs par exemple qui eut été moins choquante
pour le public, mais tout aussi sulfureuse. "Il n'est pas question de se laisser impressionner,
de retirer cette photo de la façade” affirme-t-il en resistant à toute censure.
L'affaire faisait la une du quotidien La Libre Belgique ce 26 septembre qui titrait "L'expo de nus
prise pour cible".
Xavier Cannone s'etonne comme le rapporte La Libre Belgique : “Comment ne pas s’indigner d’un
extrémisme qui s’en prend aux images comme dans les pires théocraties ? ...Il est à déplorer que
certaines photographies placardées auparavant par le Musée n’aient pas suscité une telle indignation :
la guerre, la misère, les mines antipersonnel seraient-elles plus acceptables au XXIe siècle que la
représentation d’un corps de femme ?”.
Ce n'est evidemment pas la première fois que l'oeuvre provocante d'Araki attire les foudres des pères
la pudeur et des censeurs.
En effet, le photographe japonais est vu soit comme un pornographe et
un misogyne par ses détracteurs,
tandis que pour ses admirateurs, il
est un artiste radical et révolutionnaire qui a repoussé les limites de
la société dans le Japon d'après guerre. il est d'ailleurs considéré comme une gloire
nationale au Japon.
La retrospective de Araki présentée à Charleroi après le Barbican à Londres, est la plus importante a être
montée hors Japon. "Self, Life, and Death" offre une plongée vertigineuse dans l'oeuvre du plus controversé
des photographes japonais, s'articule en 25 chapitres et montre en 4000 photographies environ ,
40 ans d'une carrière prolifique dont les sujets varie d'une scène de rue dans le vieux Tokyo,
aux portraits de fleurs exotiques, jusqu'aux nus et bondages de jeune femme japonaise en Kimono....
(c) courtesy Nobuyoshi Araki, Shino, 2000
UPDATE : Le Monde daté du 28 septembre "La nippone nue qui choque Charleroi"